Squelette

Peinture

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  • Matériel

    Rouleau, encre sur papier, monté sur soie


  • Taille

    122 (h) x 32.5 cm (183 (h) x 45.5 cm)


  • Période

    Ère Shōwa (1926-1989), env. 1926-1945


  • Publié
    "Supranatural" - Galerie Mingei

  • Exposé

    Exposé au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, « Enfers et Fantômes d’Asie » (10 avril - 15 juillet 2018)


Description

Squelette lisant un rouleau
Okada Kakyō (1892-1981)
Signé : Kakyō senshi (華郷僢史)
Sceau : Kakyō 華郷

Un squelette est absorbé par la lecture d'un long rouleau à la lueur d’une lune brumeuse. Son bassin est dissimulé, il est donc difficile de dire s’il agit d‘un homme ou d’une femme. Si c’est une femme, peut-être est-elle en train de lire une longue lettre d'amour écrite par son bien-aimé. Le squelette se tient debout et semble entièrement plongé dans sa lecture. Il s’agit peut-être d’une peinture mitate (allégorie) d'une courtisane lisant une lettre d'amour. Les maîtres de l’ukiyo-e de l’ère Edo, tels que Kitagawa Utamaro (1753-1806), peignaient souvent des courtisanes occupées à lire des lettres dans les maisons de thé à la faible lumière du petit matin. C’est peut-être une mise en garde suggérant que l’ukiyo (le « monde flottant ») est éphémère et que la beauté n’est que superficielle. Les activités prosaïques et le plaisir ne dureront pas toujours et ils en sont d'autant plus précieux !

Des œuvres d’Okada Kakyō furent présentées lors de la 6ème exposition Teiten, en 1925, mais on en sait peu à son sujet. Il est né à Tokyo sous le nom de Genjiro. L’un de ses gō (nom d'artiste) est Kakyō (littéralement « Fleurs et Campagne »). Il étudia le style Yamato-e et l’ukiyo-e avec Kikkawa Reika (1875-1929). A l’instar de son maître, il prit délibérément ses distances avec le monde de l’art, cessant d’exposer ses œuvres dans des lieux publics connus. Nenge-sō, le deuxième gō de Kakyō suggère qu'il a été grandement influencé par le bouddhisme Zen ; les termes « Nenge Misho » signifient la transmission sans paroles de la vérité du Bouddha Shakyamuni à Mahākāśyapa. De cette interaction paradigmatique, se sont développées les notions clés du Zen de la transmission de « cœur à cœur » ou « d'esprit à esprit » (ishin-Denshin), ainsi que la transmission spéciale en dehors des écritures sacrées (kyoge-betsuden). Okada Kakyō est mort en l’an 56 de l’ère Showa (1981) à l'âge de 89 ans.


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